Dauer Porsche 962 GT Le Mans: 62e édition des 24 heures du Mans 1994. Partie 3

C’est sous la bannière de « Le Mans Porsche Team » que les deux Dauer Le Mans GT sont engagées. Sur la centaine de personnes s’affairant autour des 962 GT, un bon quart était fourni par le Joest Racing.

 

Comme souvent chez Porsche, on retrouvait, pour des raisons de marketing, un Américain par voiture. Sur la #35, l’équipage se compose de Danny Sullivan/Hans Stuck/Thierry Boutsen.

L’auto est parrainé par le pétrolier Shell.

 

Sur la #36 aux couleurs « F.A.T. » ce sont trois grands noms de l’endurance qui font cause commune, Mauro Baldi/Yannick Dalmas/Hurley Haywood. Côté usine, Roland Kusmaull et Rolf Hüber prenaient en charge la #35 et #36 alors que Norbert Singer supervisait le tout.

 

Préliminaires.

 

Une seule voiture est présente pour cette journée test du 8 mai, sa robe fibre de carbone atteste un manque de finition évident. Le ramage fera vite oublier le plumage et pendant longtemps la Dauer occupera le haut de la liste des temps.

 

Confiée la plupart du temps à Stuck, elle sera créditée du troisième temps en 3’52″325 soit plus de 15 secondes que la plus rapide des 962 en piste au mois en mai 1993 (une Joest à capot arrière court). Boutsen, Dalmas et Baldi feront quelques tours chacun à son volant.

 

Malgré l’handicap des Gr C, Les Courage s’installent dans le rôle de favoris, du moins de prétendants : la Courage C32 LM #3 signe le meilleur chrono de la journée en 3’47’’445 aux mains de Lionel Robert.

 

Avec les deux Courage, et la Dauer complétait le trio des moins de 4’ au tour, à une moyenne de plus de 210 km/h. Après cette journée test, l’équipe du « Le Mans Porsche Team » continue son programme d’essais avec un test de 24 heures au circuit du Paul Ricard. Malheureusement le circuit étant réservé, l’équipe pris la direction de Magny-Cours.

 

Résultats : plus de 3407 kms en moins de 24h sans aucun problème majeur. Il a plu abondamment une partie des essais, avec quelques passages dans bac à gravier sur une piste très piégeuse

Le pesage.

 

Les qualifications.

 

 

Exhibée dans le paddock, même un court instant, la #35T est empruntée par Stuck pour effectuer quelques tours, histoire de vérifier le comportement. C’est la Courage C32 LM #2 de Ferté/Pescarolo/Lagorce qui signe la pole position en 3’51’’05, 2e Bell/Donoan/Laessig sur la Kremer K8 #5 en 3’51’’75, et pour finir le trio la WR LM 93 de Petit/Gonin en 3’52’’28.

 

Les Dauer décrochent le 5e temps en 3’51’’710 aux mains de Stuck sur la #35, 1er en GT1 tandis que sur la #36 6e chronos en 3’54’’25, soit 20 secondes plus lents que la 962C du Brun Motorsport  #16) en 1990, mais plus vite que la 962C d’ADA Engineering de Harada/Yoshikawa/Kondo (#6).

 

 

La course.

Derek bell sur la K8 prend la tête de course dés le départ, mais ça ne durera à peine qu’un demi-tour, dépassé par Alain Ferté, le favori local. Avant la fin de la première heure de course, et bien aidées par leur réservoir d’essence de 120 L, les Dauer 962 LM se retrouvent en tête et c’est la Toyota #1 de Irvine/Martini/Krosnoff qui est à la poursuite.

 

Coup dur à la troisième heure, la Dauer de Sullivan (#35) est victime d’une crevaison à l’arrière gauche, au plus mauvais endroit, juste après l’entrée de la pit-lane, l’obligeant de faire un tour au ralenti et rejetant la « Shell » à 2 tours.

 

Une Toyota en tête, la #1 de Irvine/Martini/Krosnoff, mais un changement de disque de frein à la 5e heure laissera la tête de course à Andskar/Fouche/Wollek sur la #4 du Nisso-Trust, juste avant le crépuscule. Au classement des GT1 pas de soucis pour le leader, la #36 a 4 tours d’avance sur la F40 #29 de della Noce/Olofsson/Angelastro, et cinq sur la Porsche turbo du Konrad Motorsport Konrad/Hermann et de Azevedo/Sommer sur la #33, tandis que la #35, 2e des GT1, est 4e au général.

Avec les températures plus fraîches, les pneus de la Courage #2 de Pescarolo/Ferté/Lagorce sont beaucoup plus efficaces, et ils reviennent en lice en se classant 3e en milieu de soirée.

 

Cependant, la deuxième Courage (#3), celle de Raphanel/Robert/Fabre, abandonne sur problème de moteur aux 107e tour, et à 1 h 39, celle de Pescarolo abandonne à son tour au 142e tour, le moteur est en cause.

Les Toyota continuent de s’échanger la première place. Dalmas n’est plus dans le coup : un changement d’arbre de roue à la 6e heure la fait plonger la #36 à la 6e place.

 

A 5 h du matin, la Toyota Nisso #4 de tête entre dans le box avec une forte vibration. Il a fallu près d’une heure pour remplacer le différentiel, la Toyota est tombée à la 5e place. Une aubaine pour la #36 qui remonte aux troisième rang.

 

Alors que le soleil se lève sur le circuit de la Sarthe, la Toyota SARD #1 est toujours en tête.

La deuxième Toyota est à la poursuite de la Nissan #75 de Millen/O’Connell/Morton, qui la dépasse à l’heure du petit déjeuner. Mais pour un favori il n’est jamais très bon de rentrer sa voiture dans le box… La Toyota #4  yrestera près d’une heure pour le changement du tout le train arrière.

 

Espoir chez Dauer, ils ont épuisé leur lot d’ennuis, et les deux voitures sont groupées en 30 secondes à un tour de la #1. A deux contre un il peuvent y croire, quand Boutsen sur la #35 signe le meilleur temps en course 3’52’’54, soit 210,544 km/h de moyenne.

 

À la sortie de Mulsanne, la Dauer #35, en escaladant les vibreurs a frôlé la catastrophe. Le rétablissement fut spectaculaire, mais moins pour la roue arrière gauche. La réparation ne durera que neuf minutes, mais en tenant compte du demi-tour effectué au ralenti, c’est avec un handicap de trois tours que la « Shell » reprendra la piste derrière la « FAT » et la Toyota de Irvine.

 

Après avoir mené la course pendant 9 h, Krosnoff s’arrête à la sortie des stands. La commande de boîte est en cause, mais rapidement plongé sous le capot, Krosnoff réussit à trouver le troisième rapport.

 

Perdant 12 minutes à son stand pour réparer, la SARD chute à la 3e place. Chez Dauer, passé la divine surprise, on s’organise. Avec deux tours de retard, la « FAT » n’a plus à prétendre à la victoire, par contre pour la « Shell », il va falloir se montrer précautionneux. Une GT en tête au général !!

 

Mauvais calcul chez Dauer. À ne pas avoir voulu changer les pneus sur la #35, histoire de gagner une minute, voilà la « Shell » en difficulté.

 

Entre la Toyota déchue et la Dauer toujours ambitieuse, on se croirait revenu aux dernières heures de l’édition 1969, à ceci près qu’il ne s’agit plus de la médaille d’or, mais de celle d’argent. C’est dans les virages Ford qu’un Irvine revigoré vient de faire l’intérieur à un Boutsen désemparé.

 

Après course

 

 

13e victoire de Porsche, la troisième de Haywood, la deuxième de Dalmas, et Mauro Baldi est devenu le 100e vainqueur différent au Mans. Pour la deuxième fois en trois ans, Toyota est sur le podium. Après le succès du Mans, Dauer Sportwagen a ensuite vendu une douzaine de 962 voitures de route.

 

 

La partie 1: Hold-up aux 24Heures du Mans.

La partie 2: De la route à la piste.

La partie 4: Galerie photos: Dauer Porsche 962 GT LM.

 

Bibliographie

24 heures du Mans 1994 de Jean-Mars Teissedre et Christian Moity

Porsche 956/962 The Enduring champions de Peter Morgan

Porsche 956 et 962 Awners Workshop Manual de Nick Garton

My racing life with Porsche 1970-2004 Norbert Singer de Wilfreid Muller

racingsportscars.com

 

Crédit photo : Claude Parpex par Jean-Pierre Fabre, Stéphane Cavoit, Nicolas Trefou , Jean -Luc Chétif, Vincent Laplaud, Werkfoto Porsche.

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