Diorama des 24 Heures du Mans 1970 ( Partie 1)

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Éric Bayez, 60 ans, ancien directeur d’un site du groupe Saint-Gobain se retrouve au chômage en 2019 après la réduction du nombre de sites du groupe. Résident dans les alentours d’Évreux en Normandie, plus précisément à Berville-en-Roumois. C’est un passionné de sports mécaniques, qui affectionne la course automobile des années 60 à 80, considèrent que le sport automobile actuel n’a plus aucun suspens.

 

 

Éric s’est lancé dans un défi, la réalisation d’un diorama des 24 Heures du Mans 1970 au 1/43e. Ce projet se démarque par sa taille inhabituelle, 4 mètres 30 par 60 centimètres. Ce n’est pas son premier diorama qu’il réalise, le premier fut une mise en scène des 24 Heures du Mans 1953 en début de l’année 2020.

24 Heures du Mans 1953

De la fin 2020, jusqu’au milieu de l’année 2021, il se lance dans la réalisation d’un nouveau diorama, il apprécie énormément le circuit des Essarts et il réside tout près, un lieu qu’il fréquente en famille sur lequel l’un des évènements les plus dramatiques de l’histoire du sport automobile. Un circuit dont il raffole, avec un vécu personnel touchant, au point d’y réaliser une mise en scène qui lui aura demandé 10 mois de travail pour 1 000 heures de constructions.

 

Le circuit Rouen les Essarts appartient à l’histoire du sport en France. Un circuit d’un nouveau genre, moderne pour l’époque. La route est large, ultrarapide… En 68, Éric Bayez et sa famille décident de se positionner au virage numéro 3, le virage des « Six Frères ». Très tôt dans la course, le populaire pilote Jo Schlesser part à la faute, à quelques mètres d’Éric. Sa voiture prend feu et le pilote décède. « On était 5 000 dans le virage. Sans mentir, plus de la moitié des personnes présentes se sont évanouies. Mon frère m’a dit qu’il avait vu le corps de Jo Schlesser. Moi je n’ai rien vu heureusement. Très vite, notre père nous prend et on quitte le circuit. J’avais sept ans, je m’en souviens parfaitement. J’y repense souvent… C’était une vision d’horreur. »

 

C’était la dernière fois que le circuit des Essarts accueillait un grand prix de F1. Des courses de F2 et F3 (des catégories inférieures) vont encore se tenir. En 70, Denis Dayan va s’écraser dans la courbe des Six Frères et va trouver la mort. Dans la même course, Jean-Luc Salomon va être pris dans un accrochage provoquant un accident spectaculaire duquel il ne réchappera pas. Jugé trop dangereux, le circuit va finalement être fermé, mais sa place dans la légende du sport automobile en France est gravée à jamais.

 

Un circuit dont il raffole, au point d’y réaliser une mise en scène qui lui aura demandé 10 mois de travail pour 1 000 heures de constructions.

 

Grand prix de F1 Rouen Les Essarts 1968

Grand prix de Rouen Les Essarts 1968

 

Au cours de cette seconde réalisation du circuit des Essarts, un évènement vient bouleverser la vie d’Éric à quelques jours des fêtes de la fin d’année 2020. Une maladie, un cancer d’un sang et myélome multiple, le début d’un long combat qu’il compte bien vaincre avec le soutien de sa famille et de ses amis. Un autre sujet participe a son bien être ! La conception de ces véritables œuvres d’art qui lui permet d’oublier par moment sa lutte contre la maladie.

 

C’est au mois de juillet 2021 qu’il débute un chantier titanesque, avec ce diorama d’une dimension peu commune, 4.30×0.60 cm. Il y a tout d’abord le choix du thème, « j’ai toujours aimé la diversité des voitures de l’époque et les PORSCHE 917 dont les 3 GULF et les MATRA, je n’avais aucune voiture de ce plateau ,mis à part les Corvette que je collectionne par ailleurs et en allant sur Ebay le même vendeur vendait une quarantaine de voitures de cette édition et il ne restait que 2 jours d’enchères alors je me suis dit, attends le dernier moment et enchéri et si tu réussis a en avoir une dizaine ce sera bon….. J’ai donc regardé les emplacements dans les stands et coché 28 voitures et sur les 28 j’en ai obtenu 18 puis j’ai acheté des Porsche 911 et les décalcomanies qui vont avec et j’ai fait les modifs….. Et j’ai fini par 3 ou 4 voitures ciblées sur le NET qui ont été plus longues à trouver…..»

 

Les 24 Heures du Mans 1970 sont la 38e édition de l’épreuve et se déroulent les 13 et 14 juin 1970 sur le circuit de la Sarthe. Cette course est la huitième manche du Championnat du monde des voitures de sport 1970. Elle a notamment servi de support visuel pour le film Le Mans de 1971. 29 voitures composent cette mise en scène, 30 stands, 5 bâtiments intermédiaires et le bâtiment de l’Automobile Club de l’Ouest. Le tout reproduit à l’identique et pour une plus grande précision à l’aide de photos d’époque. Une précision qui n’est pas des moindres, Éric est un autodidacte qui n’a commencé il y a si longtemps la réalisation de diorama.

 

 

Les 29 voitures :

4 Porsche 911, 5 Porsche 917 K, 3 Porsche 917 LH, 4 Ferrari 512, 1 Ferrari 312 P, 3 Alfa Roméo T33, 2 Matra MS 650, 1 Matra MS 660, 1 Porsche 908, 1 Porsche 914, 1 Lola T70, Austin Healey SRXR7, 1 Chevron B16, 1 Chevrolet Corvette, 1 Porsche 910.

 

 

 

 

 

 

 

Outre sa démesure par sa taille, ce diorama implique d’avoir une grande organisation. Après avoir défini les plans avec un grand travail de recherche. Ce diorama ne se limite pas à un aspect extérieur, il est aussi réalisé à l’identique à l’intérieur des bâtiments. Une prouesse en termes de recherche et de conception. L’investissement financier n’est pas non plus à minimiser.

 

Pas à pas , la construction des stands.

 

Éric utilise du carton plume et du verre organique pour la construction des stands. À ce stade, il y a quasiment 2000 euros d’investissement, 1800 euros pour les 29 voitures, 70 euros de carton plume, 90 euros de peinture.

 

 

En parallèle la construction des bâtiments annexes commence.

 

Le gros morceau du projet et le plus complexe, le bâtiment central de l’Automobile Club de l’Ouest.

 

À ce stade, Éric a commencé sa 5ème cure de chimio et prend des doses de Cortisone qui l’empêchent de dormir. C’est donc principalement de nuit qu’il travaille. Avec une période de découragement, le résultat en vaut la chandelle…..Une cinquantaine d’heures jusqu’ici, un calcul approximatif. 250 euros de peintures, et de divers matériels viennent s’ajouter aux 2000 euros déjà dépensés.

 

 

25 bombes de peinture crème, 2 marrons et 2 grises….  270€ uniquement pour la peinture en bombes….

 

 

Fin de la première partie du diorama des 24 Heures du Mans 1970. À bientôt pour la suite de ce projet passionnant.